En guise d'introduction à ce blog, je vais expliquer l'origine du titre que je lui ai choisi.
Lima Site était le nom donné aux petits terrains d'aviation utilisés par les Américains au Laos. Il s'agissait pour la plupart de pistes grossières, installées à flanc de montagne, dangereuses aussi bien au décollage qu'à l'atterrissage, praticables seulement par des pilotes chevronnés aux commandes de Pilatus Porter, de Cessna O-1, d'Helio Courier ou d'hélicoptères. Les Lima Sites permettaient de ravitailler les guérilleros Hmong et les autres alliés laotiens des Américains qui fournissaient le gros des troupes terrestres, encadrés par des Thaïlandais et quelques conseillers paramilitaires de la CIA.
Le principal utilisateur des Lima Sites était Air America, la compagnie aérienne de la CIA. Des hélicoptères de secours HH-3E et HH-53B/C de l'US Air Force étaient aussi prépositionnés sur des Lima Site afin de pouvoir atteindre plus rapidement les pilotes tombés au Laos ou au Nord-Vietnam. Certains types d'appareils de combat de l'Air Force, comme les A-1 et O-2 pouvaient aussi y atterrir si besoin. Dans Cheating Death : Combat Air Rescue in Vietnam and Laos, Georges Marrett raconte comment il a posé son Skyraider endommagé sur un Lima Site et y a attendu des mécanos.
La plupart des Lima Sites n'étaient pas sécurisés et pouvaient à tout moment tomber aux mains des guérilleros communistes du Pathet Lao ou des soldats nord-vietnamiens. Certains d'entre eux furent le site de batailles acharnées, comme le Lima Site 36 à Na Khang, en bordure de la Plaine des Jarres. Le LS 36 servait de base avancé aux HH-3E et était défendu par 500 guérilleros Hmong. Il fut attaqué le 6 janvier 1967 par environ 800 soldats nord-vietnamiens qui ne furent repoussés que grâce à l'intervention de F-105D et de A-1E, guidés par un contrôleur aérien avancé (FAC), de la CIA, Butterfly 44, aux commandes d'un Pilatus Porter. Le rapport CHECO Second defense of Lima Site 36 fournit une description complète de la bataille. (Pour l'anecdote, la carrière de Butterfly 44 est relativement bien couverte dans mes références, puisqu'on le retrouve dans When Thunder Rolled, An F-105 Pilot over North Vietnam d'Ed Rasimus, au chapitre 12).
Le Lima Site 85 est lui aussi célèbre. Situé sur la montagne Phou Pha Ti à la frontière nord-vietnamienne, il accueillait une station radar Combat Skypot qui permettait de guider les chasseurs-bombardiers au dessus de leurs objectifs au Nord-Vietnam en cas de mauvais temps. Repéré par les Nord-Vietnamiens, le LS 85 fut pris d'assaut en mars 1968 et détruit à l'issue d'une bataille intense, qui vit un Bell 204 d'Air America abattre un biplan Antonov An-2.
Enfin, le Lima Site 20A, dans la vallée de Long Cheng, était le plus important de tous. L'aérodromme pouvait accueillir sans problèmes les cargos C-123, C-47, C-46 et C-7 d'Air America. Le major-général Vang Pao, chef des Hmong et protégé de la CIA, y avait installé sa base principale. Il obtint même que quelques T-28D de la Royal Laotian Air Force y soit basé en permanence sous son commandement direct. Une véritable ville se développa aux alentours et de nombreux Hmong vinrent s'y réfugier au fil des années. Les pilotes d'Air America et les FAC de la CIA y possédaient des baraquements. La base fut assiégée deux fois par les Nord-vietnamiens, mais ne tomba pas aux mains des communistes avant le cessez-le-feu de 1975.
Le A dans LS20A signifiait "Alternate", par rapport au LS20, un site de bien moindre importance. L'idée de la CIA était de masquer la valeur réelle de Long Cheng derrière un code qui donnait l'impression qu'il ne s'agissait qu'une d'une piste de secours.
Le A dans LS20A signifiait "Alternate", par rapport au LS20, un site de bien moindre importance. L'idée de la CIA était de masquer la valeur réelle de Long Cheng derrière un code qui donnait l'impression qu'il ne s'agissait qu'une d'une piste de secours.
Aucune anecdote particulière n'est lié au Lima Site 42, situé à Phou Khong dans la province de Savannhaket, dans le sud du Laos.
On peut trouver une liste complète des Lima Sites sur l'excellent site SEA Call Signs Project.

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